mercredi 2 décembre 2009
MIEUX CONNAITRE LA DYSPHASIE
vendredi 4 décembre, à 20h30 : Conférence débat :
MIEUX CONNAITRE LA DYSPHASIE
L’APEDA drôme (Association de Parents et de Professionnels pour Enfants et Adultes en Difficultés d’Apprentissages) a le plaisir de vous inviter à une conférence-débat, le vendredi 4 décembre 2009, à 20 h 30, à la salle des fêtes de Beaumont-lès-Valence.
Le thème en sera : Mieux connaître la dysphasie.
Projection d’un documentaire « la douleur des mots » de Christine Rabette.
L’AAD Rhône (Association Avenir Dysphasie) animera cette soirée avec Sophie Passarotto Neuropsychologue et une orthophoniste du Sessad TLA (Service d’éducation et de soins spécialisés à domicile, troubles du langage et des apprentissages).
Cette conférence est ouverte à tout public (parents et professionnels) avec entrée libre. Elle a pour but de mieux comprendre la dysphasie, avec son diagnostic, sa définition, sa prise en charge, ses troubles associés, son évolution et la vie quotidienne.
lundi 2 février 2009
Bonne nouvelle !
[ Ghanima la femme du prof a la parole... ]
Et voilà nous avons enfin été entendus : comme Leto vous l'a dit dans un autre article, notre fils est pris au SESSAD. Pour nous c'est énorme, presque deux ans que l'on se bat pour obtenir quelque chose pour aider notre garçon et enfin voilà, on a pris en compte nos demandes. Pour ceux qui ne savent pas ce qu'est le SESSAD, je vous explique. C'est un organisme qui aide les enfants dysphasiques, ils sont spécialisés dans ce trouble, puisqu’il s’agit ici du SESSAD TLA ( Troubles du Langage et de l’Apprentissage ). Ce qui est formidable, c'est qu'ils se deplacent dans l'école de l'enfant dans les prises en charge dont il a besoin. Un ergothérapeute, une ortophoniste, un psychomotricien, un neuropsy et j'en oublie, viennent à la rencontre de votre enfant dans son milieu scolaire. Enfin des personnes qui comprennent ce que vit notre Kenzo, ce que l'on vit. Le malaise pour nous parents de ne plus arriver à aider notre enfant.
A l'heure d'aujourd'hui, les progrès de Kenzo stagnent. J'ai trouvé une nouvelle mèthode d'apprentissage : "l'impregnation syllabique", qui complète la mèthode "Borel Maissony", mais malgré tout ça, nous n'avançons plus. Le langage aussi reste difficile, Kenzo s'énerve de plus en plus quand on ne le comprend pas et même quand on le comprend, il se fache car il a l'impression que l'on ne le comprend pas. Il nous répète dix fois la même phrase, sachant que l'on a compris à la première formulation, on se sent impuissant, n'arrivant pas à l'arrêter dans cette angoisse d'être imcompris.
Les angoisses de Kenzo sont aussi de plus en plus présentes, panique d'être en retard, d'oublier ce qu'il veut dire ou faire. Comment le soulager au quotidien. Je suis sa maman et à part les calins et la tendresse, je ne sais pas comment le soulager, il ne veut pas de moi parfois… Il est entre « j’ai besoin de toi ma maman » et « je n’en peux plus de toi laisse moi ».
Nous voulons tous le meilleur pour nos enfants et bien moi je veux encore plus que ça. On doit nous donner plus que ça. Kenzo a aussi eu un avis favorable pour une AVS, mais malheureusement il n'y en a plus dans notre département. Ce genre de choses me rend folle de rage. J’en ai rien à faire qu’il n’y en ait plus, mon fils y a droit, donc je la veux pour lui. On nous donne le droit d’avoir ce que l’on attend depuis si longtemps et ensuite on vous le retire. Sincèrement je suis une personne qui vit les choses à fond, je ne sais pas relativiser, ça me rend triste de voir que notre société n’est pas fichue d’aider au mieux nos enfants. Comment rester calme, comment accepter ses injustices ? Car c’est injuste.
Ce que je vais dire maintenant est un peu plus personnel : quand j’ai appris que le SESSAD prenait Kenzo, je me suis effondrée, j’étais dans la salle d’attente de l’orthophoniste de mon fils, et impossible de m’arrêter de pleurer. Comment expliquer… pendant une semaine je m’en suis rendue malade, j’attendais cette réponse, j’avais peur, peur d’être une fois de plus déçue… La vie, les gens nous déçoivent si souvent. Et là, on me dit oui, vous n’êtes plus seule. Moi la maman forte, la battante, celle qui arrive à se battre contre les réponses négatives, contre les gens qui ne savent pas, ne comprennent pas. Je n’ai pas réussi à assumer cette bonne nouvelle. J’ai appelé Leto dès que je suis sortie, panique pour lui,sa femme pète le plomb. Leto sait prendre les choses avec un certain recul, il m’apaise face à ce genre de situation. Moi l’hystérique et lui l’homme positif.
Je voulais partager tout ça avec les gens qui voudront bien me lire, car égoistement aussi ça me fait du bien.
lundi 14 avril 2008
Mon fils... Ma fierté
[ article écrit par Leto mais placé dans la catégorie "Ghanima a la parole..." pour répondre, compléter l'article de Ghanima sur la dysphasie. ]
Ami Lecteur,
tu as découvert le précédent article de Ghanima, Mon fils... la dysphasie... , je vais donc réagir ici à cet article.
Mon fils, Kenzo.
Ma fierté.
Kenzo est né à Montélimar le 6 juin 2001, comme le racontait Ghanima dans Kenzo.
Ghanima n'avait pas eu de péridurale pour Stella , elle n'en a pas eu non plus pour Kenzo, par choix dans les deux cas.
Pour Stella, ce fut merveilleux, presque... facile.
Je n'ai pas trop souffert à l'accouchement, lol.
Kenzo à la naissance, c'est 3Kg990 et 55 cm.
Faut voir Ghanima, elle n'est pas très large ! lol
Cet accouchement fut donc plus difficile.
Si bien que pour le troisième, c'est moi qui ai insisté pour qu'elle ait une péridurale, même faiblement dosée.
Tu parles, Clara, une vraie crevette !
Mais revenons à Kenzo.
Il ya tout un contexte autour de cette dysphasie.
A la naissance, Kenzo avait le cordon ombilical enroulé deux fois autour du cou.
J'avais coupé le cordon de Stella sans difficulté, mais là, quand la sage-femme m'a rapidement demandé si je souhaitais le couper tout de même, j'ai refusé, il y avait urgence, je le sentais bien dans sa voix.
Kenzo a été posé sur la poitrine de Ghanima un court instant, trop court, très court, comme si la sage-femme savait la nécessité de préserver un contact même infime entre la mère et l'enfant, si celui-ci ne respirait pas par la suite.
Puis Kenzo a été emmené.
L'inquiétude était palpable dans l'air.
Et puis, alors même qu'il était emmené, comme chagrin de devoir quitter si vite la chaleur de la poitrine de sa mère, il a hurlé.
Ouf, il respirait.
Soulagement, joie, larmes aux yeux.
Mais je n'ai pas coupé ce cordon, comme si je n'avais pas joué le rôle du père qui coupe le lien entre la mère et l'enfant. lol
Ghanima a sans aucun doute été très proche de Kenzo, et l'est encore évidemment.
Elle est aussi très proche de Stella, Clara, mais chaque enfant a son histoire avec sa mère.
Stella a été la première, ce qui fut fabuleux.
Kenzo a été le seul garçon, et avec une naissance particulière, et maintenant sa dysphasie.
Clara a été la dernière, donc celle qui fut allaitée la plus longtemps par Ghanima, qui profitait de chaque instant encore plus en sachant qu'elle serait la dernière.
Chacun a sa place. Tous les trois sont beaucoup aimés.
Kenzo et Clara, c'est une grande histoire aussi.
Clara est née, Kenzo avait tout juste un an et demi.
En quelque sorte, elle est venue couper un peu le cordon que je n'avais pas coupé à la naissance de Kenzo.
Kenzo était donc encore plus demandeur après la naissance de sa petite soeur, Ghanima ayant beaucoup d'attention pour Clara.
Aujourd'hui, scolairement, ils ont un an d'écart, et le contraire se produit : Ghanima accorde beaucoup de temps à Kenzo, et c'est Clara qui demande de plus en plus notre attention.
Clara est chipie en ce moment, elle cherche la bêtise à faire, elle se chamaille toujours avec Kenzo, et dès qu'on accorde du temps à son frère, hop, elle surgit pour accaparer aussi notre attention.
Dans ce contexte, lorsque Kenzo ne parlait pas encore, enfin ne parlait pas, lol, c'est un mensonge, je devrais dire, lorsque Kenzo n'était pas encore compréhensible, parce qu'il parlait, il parlait ! lol
Donc, quand, en Martinique, nous sommes allés voir la première orthophoniste pour Kenzo, j'ai raconté tout ça, cette naissance, ce cordon enroulé autour du cou, qui aurait pu ( a certainement ) causer(é) une souffrance natale, le départ en Martinique quand il avait un an, la naissance rapprochée de sa soeur.
Kenzo avait commencé à parler, à dire papa, maman, comme tout enfant, et à la naissance de sa soeur, il avait comme regressé, comme s'il voulait rester encore bébé, qu'on s'occupe de lui.
J'avais donc cette hypothèse là, et l'orthophoniste en Martinique, complètement nulle à mon humble avis, s'en est tenue là, et même pas d'ailleurs, elle ne disait rien. Kenzo faisait juste des séances orthophoniques, où d'ailleurs il ne faisait rien, il jouait sans aucune réel travail.
Certains vont dire que c'est notre vision de parents qui ne connaissons pas le métier d'orthophoniste. Oui, je sais bien qu'a travers le jeu, l'orthophoniste travaille avec l'enfant, mais là il ne se passait pas grand chose, et en comparaison avec la seconde orthophoniste, c'est le jour et la nuit.
D'entrée, madame M. nous a expliqué ce qui ressortait du premier bilan avec Kenzo.
Immédiatement, elle nous a parlé de symptômes évoquant la dysphasie.
Mieux encore, nous lui avions dit revenir de Martinique, et là, elle m'a surpris en demandant ce qu'était le KA en langage créole.
En créole, le KA, c'est une sorte de sujet en quelque sorte. Le créole ayant certainement assimilé le QUI français, qui remplace le sujet dans la phrase, par exemple : le chat QUI entre.
Ainsi, si je veux dire "JE parle créole", en créole, je dis mot à mot :
"moi QUI parle créole." :
"Mwen KA palé kréyol".
Autre exemple de l'omni-présence du KA en créole :
"zot pas KA komprann an kréyol"
vous ne comprenez pas le créole : mot à mot : "les autres qui ne comprennent pas le créole".
Je peux ne pas être clair dans mon explication, je ne suis pas spécialiste du créole, mais en tout cas, le KA est omni-présent. C'est le pronom en créole.
On l'entendait beaucoup.
Or, en revenant de Martinique, Kenzo n'était pas compréhensible, ou presque pas, mais parlait, parlait beaucoup.
Nos enfants ne connaissaient pas un mot de créole en revenant.
Et pourtant, à l'école maternelle, les ATSEM étaient créoles. Et Kenzo avait assimilé le KA.
Donc, en français, il remplaçait systématiquement le IL, le ELLE, par KA.
' Maman, KA prend la voiture ? "
Jusqu'à très récemment, Kenzo pouvait très bien dire cette phrase !
Bref, cette orthophoniste m'a tout de suite démontré qu'elle était très bonne en mettant immédiatement le doigt sur ce KA qui crevait les yeux, et que nous n'avions pourtant pas remarqué dans le langage de Kenzo, et que nous remarquions depuis très très souvent !
Nous en venons à la dysphasie.
La dysphasie est un trouble du langage et de l'apprentissage.
Un exemple de difficulté pour un enfant dyphasique est qu'il connait une information, mais qu'elle est soudainement manquante alors qu'il doit s'en servir.
L'enfant sait. Mais soudainement, c'est comme s'il ne savait pas.
Une dysphasie peut être plus ou moins sévère, elle se traduit par des paroles indistinctes, des troubles de la syntaxe, des expressions par mots isolés, des discours plus ou moins construits, le manque du mot, voire une compréhension partielle du langage oral...
Certains enfants dysphasiques ne parlent pas, car ils n'y parviennent pas, et peuvent se renfermer sur eux-mêmes.
Ce que j'ai toujours trouvé admirable chez Kenzo, c'est qu'il parlait sans arrêt.
On ne comprenait rien. Mais qu'est-ce qu'il parlait !
Je ne dirais pas qu'il n'était pas touché par le fait qu'on ne le comprenne pas, mais même en Martinique, dans la cour de l'école, il parlait aux autres sans se gêner. Certains enfants nous demandaient dans quelle langue il parlait, puisqu'il était blond comme les blés, et que nous, nous le comprenions.
Ce qui était difficile, c'était de le voir bégayer sur un mot qu'il ne parvenait pas à dire, et il insistait sans parvenir à le dire. Ou se mettre en colère parce qu'on ne le comprenait pas.
Ce qui me faisait sourire, c'est de le voir s'approcher de toi, et coller sa bouche à ton oreille, pour hurler ce qu'il disait, comme si c'était toi qui ne comprenais pas !
Ce qui arrive encore, c'est de l'entendre dire : "tu ne comprends pas !".
Vous savez, avec tout enfant, à tous les âges, il arrive que l'enfant t'explique quelque chose, tu comprends parfaitement ses mots, son langage, mais tu ne vois pas où il veut en venir, ni ce qu'il explique.
Le problème, c'est que Kenzo croit qu'on ne comprend pas ce qu'il prononce, il répète donc la même chose, mot à mot ! Et s'agace de ne pas être compris.
Alors je lui explique que je comprends très bien ce qu'il dit mot à mot, je répète ses mots pour qu'il entende que j'ai bien compris, mais que ce coup-ci, je ne comprends ce qu'il veut m'expliquer !
Et là, il explique autrement.
Et puis, des fois, on n'est pas d'accord avec lui sur un point, on lui dit non. Et il insiste et dit qu'on ne comprend pas. Or, on a très bien compris, et la réponse est non. lol
Je suis émerveillé par les progrès surprenants de Kenzo.
Au début de cette année scolaire, je trouvais merveilleux qu'on le comprenne si bien.
Aujourd'hui, on peut encore mesurer l'évolution depuis le mois de septembre.
Kenzo travaille deux ou trois fois plus qu'un autre enfant pour parvenir au même résultat.
Et dès qu'il sera plus à l'aise en lecture, il progressera encore plus vite, car le mot écrit sera un appui de plus pour ses apprentissages.
On dit que pour un enfant dysphasique, l'apprentissage de la lecture et de l'écriture est un bienfait, même s'ils sont retardés par le fait que l'enfant a encore un travail oral à réaliser, des sons à placer pour mieux les comprendre à la lecture par la suite.
Ce qui fait plaisir aussi, c'est que Kenzo est très à l'aise dans tout ce qui est calcul, mathématiques. Mais bon, je vais veiller au grain, je ne vais pas faire des matheux, manquerait plus que ça ! lol
Mais laissons-le suivre son bout de chemin... Et nous verrons bien !

samedi 12 avril 2008
Mon fils... la dysphasie...
[ Ghanima, la femme du prof a la parole. ]
Je viens vous parler d'un sujet qui me touche énormèment...
Tout le monde connait la dyslexie... et bien notre fils lui est atteint de dysphasie, trouble du langage et de l'apprentissage.
En Martinique, Kenzo ne parlait pas, il a eu des moments très difficiles où il refusait de manger, il se fermait comme une huitre, il se réveillait toute les nuits ou se mettait dans des colères noires car on ne le comprenait pas. J'ai donc décidé de l'emmener voir mon médecin généraliste, tout le monde me disait que ce n'était rien, qu'il lui fallait du temps, Kenzo avait trois ans et demi. Mon médecin m'a assuré que mon enfant ne se laisserait pas mourir de faim ( facile à dire, c'est bien moi qui était devant mon fils qui n'avait avalé que du lait et des pommes vertes depuis plusieurs jours ), elle m'a aussi prescrit des séances chez un orthophoniste car elle était de mon avis, notre petit Kenzo du haut de ces trois ans et demi déprimait.
Nous avons trouvé rapidement une orthophoniste, la première séance était pour nous parents. Nous avons parlé de Kenzo, comment il était, son caractère, comment nous étions avec lui, ainsi qu'avec ses soeurs.
Elle nous a expliqué que le naissance de sa petite soeur avait pu le perturber ce qui pouvait être un début d'explication pour son retard de langage.
Ensuite ce fût mon tour, moi la maman comment je me comportais avec mon fils... et voilà le début de la culpabilité... Et oui je suis une maman possesive et je devancais les désirs de mes enfants, ce qui n'aurait pas permis à Kenzo de développer le langage ( c'est ce qu'elle pensait ). Vous ne pouvez pas imaginer la colère que j'éprouve quand je me rapelle cet épisode, mon fils n'arrivait pas à ma demander son biberon, et bien je ne devais pas le lui donner. Combien de fois je suis restée devant Kenzo attendant ces demandes, et voyant la difficulté de mon fils, je formulais moi même la demande à voix haute et lui donner ce que je savais qu'il voulait. Une façon d'allèger sa peine et aussi je dois dire une façon d'alléger la mienne. J'ai toujours été très proche de mes enfants ( je suis la pire maman au monde, toujours derrière eux, inquiète de tout, les aimant au points de les étouffer ), mais avec Kenzo nous avions mis en place une relation particulière, pire encore, j'étais une des seules personnes qui le comprenait, je ne sais pas comment expliquer ça...
Nous avons fait alors des pieds et des mains pour que notre fils soit accepté à l'école maternelle prés de chez nous. Ce fut un cauchemar... Il n'y avait pas de place, en sachant que les inscriptions se font de façon très particulière... Leto a fait ce qu'il fallait, il s'est battu contre cette administration, contre l'horrible personne de la mairie qui s'occupait des inscriptions dans les écoles et qui refusait d'inscrire notre fils dans l'école ou il y avait sa grande soeur, la plus proche de chez nous, l'école de notre secteur ( je n'avais pas le permis à cette époque et mes soucis de santés était assez présents ), ce fonctionnaire nous a gentiment dit que ce n'était pas parce que l'on était blancs que l'on pouvait faire notre loi. La rage de Leto, qui lui a dit que son fils irait dans cette école qu'il soit d'accord ou pas. Nous avons fait appel à l'inspecteur du secteur et Kenzo est rentré à l'école en milieu d'année de petite section.
Que dire de son entrée à l'école, un déchirement, mon fils qui ne parlait pas allait devoir se débrouiller sans moi. On ne sait pas vraiment comment Kenzo a vécu cette période, mais ce que l'on sait c'est que malgré l'orthophoniste et l'école, les progrés n'étaient pas vraiment visibles.
Kenzo était extra car malgré tout il avait besoin de communiquer avec nous, il parlait dans "son langage", on ne comprenait pas toujours ce qu'il voulait nous dire, et parfois ça finissait en colère, mais jamais il n'a arrêté de "parler".
Quand nous avons décidé de quitter la Martinique, nous ne savions pas encore à quel point ce serait bénefique pour notre petit garçon !
Une fois rentré en France, Kenzo a intégré la classe de grande section maternelle dans notre petit village en pleine campagne. Et là une première instit qui s'intéresse à notre garçon, qui est touchée par lui, Valérie... Elle l'aide comme elle peut, essaie de l'intégrer car les autres enfants ne sont pas forcément tendres avec lui, malheureusement ce n'est qu'une remplacente qui partira en décembre... Entre temps nous avons fait "la rencontre" qui va vraiment aider Kenzo, qui va enfin nous donner des réponses et faire avancer notre fils. Je vous parle de Madame M., l'orthophoniste de Kenzo en France.
Dès le premier bilan, elle nous parle de dysphasie, le mot qui fait que l'on sait que ce n'est la faute de personne, et surtout pas celle de notre fils, pas la mienne non plus car même si je n'avais pas devancé ses désirs ou parlé à sa place, ce serait pareil. Un conseil, quand j'ai entendu ce mot dysphasie j'ai tout de suite voulu en savoir plus, je suis allée sur le net et j'ai cherché, il ne faut jamais faire ça, la panique, le pire, on lit le pire, on prend tout pour soi, et on en ressort désespérée.
A partir de ce moment là, Kenzo n'a plus arrêté de faire des progrès... Kenzo a eu quatre maîtresses cette année là, des remplaçantes et à la fin la vraie maîtresse qui part aussi à la fin de l'année, mais aucune n'a touché notre fils comme Valérie.
Malgré tous ces changements, à la fin de cette année, on comprend ce que dit Kenzo. Ce n'est pas toujours facile mais tout son travail se ressent. Je l'ai aussi fait beaucoup travailler cette année là, il avait peu de répit à la maison. Toutes les activités étaient du travail et encore des efforts pour lui. Je n'arrivais pas à le laisser tranquille, les progrés étaient si motivants pour lui et j'avoue pour moi aussi. Il était toujours en demande. Cette année fut épuisante pour lui. Et moi méchante maman j'ai continué à le faire travailler pendant les vacances d'été. Nous avons travaillé la méthode Suzanne Borel-Maisonny, méthode phonètique et gestuelle, le top du top.
La rentrée au CP, tous les parents appréhendent cette année où l'enfant apprend à lire.
La rentrée de Kenzo au CP, on angoisse aussi, enfin moi un peu, plutôt beaucoup, puis une nouvelle maîtresse, le stress.
Et bien pour l'angoisse de la maîtresse, ouf, bonne nouvelle, elle parait chouette, et il va s'avérer qu'elle est extra. Si Kenzo est si bien dans sa classe c'est bien grâce à elle, Mademoiselle A.C.
Par contre au niveau administratif, on se rend compte que rien n'a été fait, que toutes les réunions que l'on avait eu l'année précedente n'apparaissaient nulle part, le dossier de Kenzo est vide. Heureusement que la maîtresse est là pour nous diriger, nous aider, me dire régulièrement ou en est notre fils. Kenzo a une vraie place dans sa classe, son étagère avec ses exercices, Kenzo n'a plus à s'adapter à la classe, c'est elle qui s'adapte à elle. Maîtresse A ( on va la nommer ainsi) a tout fait pour notre garçon, elle lui a même fabriqué des jeux.
Pour nous parents un vrai bonheur. Kenzo a un temps de travail adapté. Ce qui est incroyable c'est que tout ça, elle l'a fait toute seule, au départ elle n'a eu aucun rapport avec l'équipe qui suit notre fils. Ce poste est son premier en tant que titulaire. Un travail incroyable. Il faut savoir que pour obtenir quelque chose c'est vraiment dur, il faut sans cesse se battre. Et là elle aussi, elle téléphone, écrit, pose des questions. On se sent moins seul.
Et vous savez quoi, le plus dur, c'est qu'en plus du reste, elle doit me supporter. Je suis toujours aprés elle, avec mes angoisses, mes peurs, je suis toujours à lui demander comment faire, si ça c'est grave si ceci je le fais comme il faut, et jamais, jamais elle ne m'a envoyée promener, elle aurait pu je vous assure, vous ne me connaissez pas, je suis encore pire que ce que vous imaginez.
Grâce à tout ça à l'heure d'aujourd'hui, Kenzo parle vraiment bien. Il donne tellement, fait des progrés, il a des moments difficiles, car c'est vraiment dur de savoir un jour et ne plus savoir l'autre. On ne peut pas se rendre compte, en ce moment on est dans une période moins facile. Il refuse de travailler avec moi, il y a un côté affectif très prononcé dans tout ça. Kenzo ne fait rien pour lui, il fait les choses pour faire plaisir, pour qu'on l'aime. Quand il se trompe ( surtout avec moi) il a l'impression qu'on va moins l'aimer. Il est aussi touché par ce qui arrive à sa maman. Il pense que tout est sa faute. Il est très difficile de lui faire comprendre que quoi qu'il arrive, on l'aime et l'aimera toujours. Qu'il est né comme ça.
Cetaines choses se mettent aussi doucement très doucement, trop doucement en place, un PPS (Projet Personnalisé de Scolarité) , la demande d'une AVS ( Assistante de Vie Scolaire ) , l'aménagement pour l'année prochaine, la demande d'un RDV à Lyon, au Centre Hospitalier pour qu'il soit reconnu comme dysphasique, rendez-vous qui n'arrivera jamais, j'ai l'impression...
On a souvent l'impression que l'on se tape la tête contre les murs mais malgré tout, ça avance. Il m'est arrivé de rentrer en pleurant que ce soit de l'école, des réunions, car je sais que mon fils souffre de ce qu'il est. On lui en demande tant, et il en donne cent fois plus. On ne doit pas montrer notre angoisse, nos inquiètudes car il ressent tout, il comprend tout, et une pression supplémentaire pour lui. Mais comment faire ? Kenzo est formidable, et c'est peu dire. Mais voilà, nous sommes au mois d'Avril et Kenzo ne lit toujours pas. Il y est presque, il progresse. Je sais que ce n'est pas si grave, je sais que c'est un cycle, je sais qu'il a encore le temps. Mais Kenzo lui, le sait-il ? Que voit-il ?
Il voit que les autres lisent, il voit qu'il fatigue, il voit que malgré tous ses efforts, il n'est pas au même niveau que les autres, il voit que pour lui ce n'est pas pareil. Il se sent different... Est-il différent ? Oui heureusement on est tout différents, mais malgré tout à cet âge-là, on veut être comme les autres. Il ne voit pas la différence des autres.
Ghanima
samedi 22 mars 2008
Clara
[ Ghanima, la femme du prof a la parole. ]
Voilà le dernier épisode de la trilogie... La naissance de Clara.
Nous sommes le Sept novembre 2002, Fort-de-France, Martinique, nous sommes chez la cousine de Leto qui nous a gentiment invités à souper, nous dînons tranquillement quand je ressens les premières contractions ( une routine me direz vous ), il fait très chaud comme toujours ( et oui nous sommes en Martique, l'horreur pour une fin de grossesse quand vous n'êtes pas acclimatée ), je supporte mal la chaleur ( j'ai passé ma fin de grossesse dans la mer, toujours dans l'eau ) . Nathalie, la cousine, voit tout de suite que je ne suis pas en super forme, j'essaie de faire bonne figure mais mon ventre me trahit, elle voit que mon ventre se durcit. Elle rigole, le travail commence.
Et pour que je me sente plus à l'aise, tout le monde plaisante sur mon état ( ce qui me met un peu mal à l'aise, j'aimerais qu'on m'oublie ). Et Nathalie commence à me dire que je devrais aller à la maternité, je n'arrive pas à manger, mais je laisse mon homme finir son repas ( je n'ai pas envie de partir trop tôt, je laisse derrière moi Stella et Kenzo, mon bébé Kenzo n'a que 18 mois )
Nathalie insiste ( à croire qu'elle a peur que je fasse mon bébé sur sa terrasse ) : " Il faut que vous y alliez, je garde les petits, courage! " Et je laisse ma petite fille de 4 ans et mon bébé Kenzo ( moment vraiment pénible, j'en ai les larmes aux yeux) .
Nous passons à la maison, mais il faut savoir que la Martinique est faite que de montées et de descentes. Ouille! Ouille! Pour aller chez nous, il y avait une super descente, enfin une montée ! Terrible ! Nous prenons la valise et c'est parti.
Nous arrivons à la maternité, superbe, et on s'installe tout de suite dans une chambre ( une chambre seule avec la clim, une super salle de bain, l'hôtel ) .
La sage femme m'examine et me garde.
On me garde la nuit et au matin on me dit que je peux aller faire un tour car ça va durer ( comme toujours, je ne sais pas faire les bébés vite fait bien fait, moi c'est plutôt, une éternité pour un bébé ) . Leto et moi , nous décidons d'aller à Fort-de-France, marcher sur le port. Bonne idée !!
Nous voilà partis pour Fort-de-France ( tout le monde connait, la chanson bon baisers de Fort-de-France ) ... Nous arrivons tranquillement sur le port. Et là ! Une contraction de folie !!
Leto sourit et me dit : " Je crois qu'on va oublier la promenade ."
Et nous voilà repartis pour la maternité... Enfin on essaie... Des bouchons de partout, on n'avance pas. J'ai de plus en plus mal, Leto panique et dit pleins de gros mots aux automobilistes qui ne veulent pas nous laisser passer ( Leto ne panique jamais, c'est la seule fois que je l'ai vu comme ça ). Il met ses warnings, crie par la fenêtre : " Ma femme accouche , laissez nous passer." Tout le monde s'en fout et je rassure Leto, tout va bien, mais il voit bien que j'ai mal. On avance enfin , ouf !
Nous revoilà , enfin à la maternité. Le monsieur de l'entrée me voit et propose gentiment un fauteuil roulant. ( Ghani la stupide )... Non, non ça va quand même! Je me traîne en avançant à deux à l'heure...( Leto est en train de garer la voiture ). J'ai un mal fou à arriver jusqu'à la salle d'examen. Leto me rejoint.
La sage femme m'examine et elle nous annonce que c'est pour bientôt .
On m'installe en salle d'accouchement, je suis épuisée, la chaleur, mes soucis de santé. La sage femme insiste pour que je fasse une péridurale... Je n'en avais jamais eu, et je ne sais pas bien pourquoi je me dis que c'est pas bien, que mes deux premiers je les ai eu sans. Leto pense que je devrais. Mes jambes tremblent de plus en plus... La sage femme dit la phrase qui m'a fait accepter la péridurale. Elle dit en m'épongeant le front, me caressant la main, avec tendresse : " Ce serait dommage de ne pas arriver au bout."
OK, OK... péridurale. Et là comme une grande, toute seule je perd les eaux, je suis fière de moi, ma première fois. On rigole bien tout les trois, la sage femme, Leto et moi. La sage femme continue, me rafraichit avec un linge humide qu'elle me passe sur le front.
L'anesthésiste arrive, il est sympa. Il plaisante que le fait que c'est ma première péri sur trois loulous. Je lui explique que ça me fait peur que je veux sentir mon enfant, sentir sa naissance, il me rassure et la dose lègère. Je suis contente, je sens encore les contactions bien comme il faut.
Le moment de pousser arrive, la sage femme part chercher la gynéco, il se met en place pour m'accoucher. Je pousse quand je sens les contractions, il me dit que je suis super, que je travaille bien. La tête arrive, le gynéco me dit : 'à vous de jouer'. Je le regarde, il sourit rassurant, comme si on avait tout le temps devant nous. Je prends ma fille sous le seul bras qu'elle a de sorti, et je la sors de mon ventre, je la pose sur moi ( le moment le plus fort de toute ma vie ). Elle est là ! Et me revoilà qui crie : " Un ange, c'est un ange ! " Je les remercie mille fois pour ce merveilleux accouchement, ils me disent que c'est normal, que j'ai été super. Ma petite Clara est toute petite, 3kg 250 et 49 cm, en comparaison de mon fils ça me fait tout drôle.
Notre troisième bonheur est là. Le 8 novembre 2002 à 14h 15. ( Heure de la martinique. )
Fin.
Ghanima.
lundi 17 mars 2008
Kenzo
[ Ghanima, la femme du prof a la parole. ]
Voilà le deuxième épisode... La naissance de notre fils Kenzo.
La naissance de Kenzo a été un peu spéciale car on a choisi d'accélérer les choses.
J'ai vu le gynéco le matin du 5 juin et nous avons parlé du fait que Leto partait à Lilles pour passer son oral du CAPES le 17 juin ( un dimanche, jour de fête des pères ! ), soit la veille de la naissance prévue de Kenzo, le 18 juin, donc de grands risques qu'il ne soit pas là le jour J ( Leto, pas Kenzo ).
Le médecin nous a alors proposé de faire venir notre fils dans les 48 heures. Nous avons accepté malgrés une grosse appréhension de ma part. ( Rappellez vous , j'aime que la nature fasse les choses. Satanée nature qui ne m'a pas rendu la tache facile.)
Monsieur Doc a alors procédé à un décollement léger de mon placenta. ( Dit comme ça , ça a l'air d'être de la torture.) L'affaire étant faite, mon petit mari m'invite au resto : le 'Don Camillo' à Montélimar... Mon dernier repas avant le grand moment.... Après ce festin ( dessert profiterolles, trop bon ) ... Nous sommes allés chercher Stella pour partir faire une grande promenade en voiture. ( Et oui ça aide aussi à la naissance ) , Leto a pris les pires routes d'Ardèche, aux paysages magnifiques. J'étais secouée comme un prunier , Stella était ravie... L'aventure pour faire venir bébé.
Aprés cette grande excursion , nous rentrons alors à la maison. J'ai quelques contractions mais rien de bien sérieux. Stella touche mon ventre , c'est tout dur , elle me demande : " Il vient Woody" ( Et oui Stella voulait qu'on appelle son petit frère Woody comme dans Toy Story pour ceux qui connaissent , elle n'arrêtait pas de le dire à qui voulait l'entendre. ) Je lui ai dit que je ne savais pas. La puce retourne à ses occupations , je m'installe devant la télé, Leto devant l'ordi ( quelle surprise ! comment ? Leto devant l'ordi ! qui aurait pu deviner ? ) .
Les premières vraies douleurs commencent . J'en informe Leto , et décide d'aller prendre un bain . Je profite de ce moment de paix quand les contractions se rapprochent . Nous décidons d'aller chercher ma maman pour qu'elle garde Stella , l'angoisse de laisser ma fille de deux ans et demi . Une fois ma mère à la maison et mes instructions données pour qu'elle s'occupe bien de mon bébé, nous partons , moi et chéri pour avoir notre deuxième bébé .
Arrivée à la maternité, la sage femme m'examine, place le monitoring et s'en va. Une heure après, un seul centimètre de dilatation ( pffffff ). C'est pas pour tout de suite. On m'installe dans une chambre, moi je veux rentrer retourver ma fille. J'ai toujours mal, malgré tout on rentre ( je suis un peu tête de mule des fois, mais rarement ).
Le soir est là, Leto couche Stella dans notre lit, nous nous doutons bien que nous allons repartir. Ils dorment...
Je retourne me détendre dans un bain. Une fois détendue, je vais m'allonger sur le canapé, j'ai toujours mal. Et je parle à mon bébé : "Alors bébé , tu te décides." Et là ... Une douleur, j'ai vraiment très mal. (Et là je me dis : ça va pas être aussi facile que pour Stella , c'est quoi ces douleurs de fou.)
Je réveille Leto, maman revient, et on repart .
Retour Maternité, la sage femme refait un examen : trois centimètres ( la grosse blague, que trois centimètres ), on reste ( pffff ). Elle me fait une piqure, je suis dans les vapes, réveillée de temps à autre par les douleurs ( à partir de ce moment, je perds la notion du temps et je ne contrôle plus les douleurs, j'aurais du écouter dame nature en fin de compte ).
Deux heures aprés, elle revient, y a du monde dans les couloirs, je suis toujours un peu perdu. Quatre centimètres ( là je me suis dit qu'il ne sortirait jamais que j'allais rester là une semaine ) , elle m'annonce que l'on va en salle d'accouchement .... je comprends rien... déjà ?
Elle demande à Leto de mettre le petit bonnet bleu, la panoplie totale ( mon mari ressemble à un stroumph ) , je m'installe sur la table, elle me met un masque qui m'endort à moitié, je suis accrochée au masque, je trouve ça super, je plane un peu. Je me rends pas bien compte de ce qui se passe. La sage femme me réexamine : cinq centimètres, elle annonce 'on perce la poche des eaux et dans une heure votre bébé sera là' ( Tout ce que tu veux, tant que tu me laisses ce masque ) .
Aussitôt dit, aussitôt fait...
Et peu de temps aprés, j'ai l'irrésistible envie de pousser ( Et vous savez ce que je fais quand ça arrive ), je pousse, c'est parti, et là j'ai mal... je pousse... je pousse ... je pousse...
La sage femme dit alors : " Mais ça ne passera jamais !!! " ( comment ? elle est dingue ou quoi ? je vais la taper , dés que j'ai fini je la frappe ! ) Et là je POUSSE ! La tête est sortie . Elle crie : " Ne poussez plus, le bébé a le cordon autour du cou !!!! " , le temps s'arrête, l'angoisse, j'arrête tout. Le bébé est là, j'ai les larmes qui coulent le long de mes joues. On le met sur moi cinq secondes, il ne crie pas. Ils l'emmènent, l'angoisse, les larmes toujours, le temps s'arrête à nouveau, il me semble que ça dure une éternité. IL CRIE ! Mon bébé crie enfin, tout va bien. Leto revient avec notre fils, magnifique bébé de 3kg990 et 55 cm. Je n'ose pas le prendre tout de suite, Leto me rassure, il va bien, il m'embrasse et me le donne. Dans mes bras, aux seins, il tète, c'est la vie. Leto me tient la main et me dit que j'ai été super ( ce qui est faux car je me suis tellement accrochée à ce masque que j'ai oublié le reste, j'étais choutée, j'ai même crié sur Leto qui voulait me l'enlever... donne moi ça , tu sais pas ce que c'est toi, la douleur, t'es qu'un homme. Pauvre de lui...)
Notre deuxième bonheur est là ! Le 6 juin 2001 à 11 h 30...
Suite au prochain épisode...
Ghanima
mercredi 5 mars 2008
Stella
[Ghanima, la femme du prof a la parole ! ]
Je me demandais depuis quelques temps ce que je pourrais bien vous raconter, et je me dis que pour moi les moments les plus forts de ma vie c'est l'arrivée de mes enfants.
Alors voilà, j'ai eu mon premier bonheur à 20 ans... ma petite Stella qui est aujourd'hui une grande fille.
Nous sommes donc le trois novembre 1998, et je ressens les premières douleurs... enfin je suppose que c'est ça les premières douleurs, car je n'avais pas vraiment mal. Je vais voir mon petit mari et je l'informe... il rigole ( ok, on est déjà allé à la maternité trois fois pour rien, c'est pas une raison mince!!!). Il est 21h30 et monsieur rentre du hand ( et oui il est toujours au hand... ). Il va donc se coucher... Une demi-heure plus tard je me met à vomir ( beurk je sais, mais quoi vous croyez que c'est tout beau d'avoir un bébé), une gastro vraiment pas de bol en étant enceinte. Il est 22h.
J'ai toujours mal. J'essaye de dormir, peine perdue. Je sens que les douleurs augmentent et qu'elles se rapprochent. Il est 23h. Je réveille Leto qui rouspète ( à savoir, ne jamais réveiller Leto, c'est horrible). Je lui dit : "Loulou ( ben oui on a des petits noms) c'est le moment."
Il se retourne me regarde ( le regard qui dit tu me souales) et me dit: "On attend un peu pour voir, et si ça se comfirme, on ira accoucher". Tu as bien entendu ami lecteur ( comme dirait Leto), ON !! ON EST ENCEINTE ET ON ACCOUCHE... leto dans toute sa splendeur.
Les choses se confirment, nous voilà partis, une fois de plus, pour la maternité. On arrive vers minuit. La sage femme m'examine et c'est bon, c'est pour aujourd'hui. Leto est tout excité. N'ayant pas plus mal que ça, je demande la permission d'aller marcher. Et mon chéri et moi, on part se promener dans l'hôpital. Tout est calme, désert, on parle de notre futur fille, comment elle sera, a qui elle ressemblera (pitié pas à ma mère).
Au bout d'un long moment, la sage femme m'appelle pour faire un minitoring (trop bien d'entendre le coeur de son bébé) et m'examiner. Les choses avancent doucement...
On est bercé par les battements du coeur de notre futur bébé. On discute, Leto est tellement dans l'action qu'il n'arrive pas à dormir et m'empêche de me reposer. La sage femme revient, elle annonce tranquillement : "on va en salle d'accouchement." Quoi déjà... non.. non... non, je ne suis pas prête, c'est une blague. Et nous voilà partis pour la grande aventure...
On m'installe en salle d'accouchement, j'entend une femme à côté qui hurle, mon dieu je vais mourrir, quand les douleurs vont être vraiment là, je ne sortirais jamais cet être humain de mon corps. La sage femme nous laisse pendant une heure... elle revient.. Bon neuf centimètres. Elle me demande alors : "On perce la poche des eaux ou on laisse la nature faire les choses." Moi très courageuse, imaginant le femme d'à côté en train de souffrir..ben on va attendre. Elle repart, ouf! Leto qui commence à somnoler: "Pourquoi tu veux attendre?" (PAAAAARRRRCCCCEEEE QQQQQUUUUEEEE!!!!!)
Une heure aprés la sage femme revient... "Neuf centimètres, on perce !!! " Et Leto le mot qu'il faut : " Une heure pour rien." (Merci j'avais pas remarqué). Elle perce....
Et tout à coup, je pousse, peu pas faire autrement elle veut sortir tout de suite. (J'y suis pour rien)."MADAME je pousse maintenant." Elle s'affole et court partout: "NON, attendez je met mes gants." Et moi je pousse comme une folle. Et la voilà qui panique, qui court partout. Elle trouve enfin ses gants... et appelle mon homme. "Monsieur venez voir." Il m'abandonne là sans scrupule pour aller voir ce que je ne peux pas voir. Il ne dit rien mais voit les cheveux de notre amour ( je voulais tant qu'elle ait des cheveux)... je pousse trois fois. Stella est née, là sur mon ventre. Je crie de bonheur ( le seul cri d'ailleurs)."MON BEBE, C'EST MON BEBE!!" Elle est superbe, je la trouve parfaite, exactement comme je l'imaginais. Un bonheur immense, inexpliquable... un bonheur qui continue aujourd'hui. Et voilà Nous avons accouché.
Nous sommes le quatre novembre à 11h15, 1998....
Bon la suite au prochain épisode, je sais je suis longue... pardon....
Ghanima
dimanche 24 février 2008
Ghanima a ( enfin ) la parole
Rubrique : Ghanima a la parole
Les deux tatouages de Leto : vous ne voyez pas qu'il y a un truc écrit en dessous de celui d'en bas ?
Regardez bien... Allez je l'agrandis ci-dessous : 
Vous voyez, Leto, il m'a dans la peau...
Bonjour, bonjour,
je viens me présenter à vous, je suis donc la femme de Leto...
et oui celle qui est en photo partout sur ce blog c'est moi, je tiens d'ailleurs à dire que je déteste ça !!!! Surtout quand je me lève le matin et que je vois cette horrible photo de moi et mon Leto à l'âge ingrat. Je sais je vais devoir me révolter, faire entendre ma voix, voilà pourquoi je prend la parole aujourd'hui !!!
Vous pourrez me lire dans la rubrique : "Ghanima a la parole", et c'est pas souvent, alors profitez-en.
Croyez-vous vraiment qu'il est facile de vivre avec un Leto ??? Savez-vous ce que je vis chaque jour ? Un homme qui ne sait s'investir qu'à 100% dans tout ce qu'il fait... pauvre de moi !!
Bon sinon il a ses bons côtés, il est gentil, intelligent, drôle (parfois), certe peu disponible, un peu matcho..oups pardon je m'égare..
.
Nous avons vécu de très belles choses, dont nos trois merveilleux enfants (je risque d'ailleurs de vous en parler assez souvent, je m'en excuse d'avance).
( ci-dessus ( en 2005 ) : Leto et les enfants en Martinique sur une plage du nord ( sable noir dû au volcan ) et ensuite, les enfants sur le port de Fort-de-France. )
Je dois avouer quand même que je ne suis pas super facile à vivre ( je suis bien obligée de dire ça, sinon qu'allez-vous penser...) et Leto a le courage de me supporter, supporter les péripéties de Ghanima.
Bon voilà,
en fin de compte j'ai peu parlé de moi...tant pis, et puis je sais pas trop faire...
Voili, voilou mon premier...heu...comment on dit : post, article, résumé....
Ghani.
